Les raisons d’investir dans les small-caps

Contrairement à ce que j’ai pu lire ou vivre, je ne trouve pas l’achat de petites valeurs plus risqué que l’achat de titres de plus grosses sociétés. Je me souviens encore de la chute vertigineuse d’Alstom dont le cours de bourse est passé de 30€ à 0.4 €, en l’espace de quelques années ! Et je ne parle pas des déboires des titres comme Thomson, Alcatel, des valeurs bancaires US (les épisodes Bear Stern ou Lehman Brothers), de Saint Gobain en 2002 (qui chutait à cause des indemnisations liées à l’amiante) ou d’Axa suite aux attentats de septembre 2001, etc… Les exemples sont nombreux et la liste pourrait être très longue. Acheter un titre d’une big-cap n’est jamais dénué de risque. Qui aurait pu prédire il y a quelques mois, la catastrophe pétrolière dans le Golfe du Mexique et que le cours de BP s’effondrerait … ? Vous trouvez les big-caps toujours aussi sûres ?!

Attention, je ne dis pas qu’une small est moins risquée, je souhaite tout simplement faire passer le message, qu’investir en bourse n’est pas dénué de risque et qu’un investissement sur une small-cap n’est pas spécialement plus risqué que sur une big. La taille importante d’une société n’est pas une garantie de sécurité, encore moins de plus-value !

Je vois même plusieurs avantages à investir dans une small-cap :

- La surperformance :
Depuis très longtemps, les small-caps surperforment le CAC40 et les big-caps. Les seules périodes où c'est l'inverse qui s’est produit, c'est lorsqu’il y a eu de brusques corrections provoquées, par exemple, par l’éclatement de la bulle internet ou par la crise financière de 2008. Dans ces moments particulièrement difficiles, les investisseurs quittent massivement les marchés pour récupérer des liquidités. Si l’on compare les graphiques du CAC 40 et de l’indice CAC MID & SMALL 190, on constate aisément que ce dernier superforme l’indice phare de la place parisienne depuis 8 ans.

Si on remonte plus loin dans l’histoire, on fait le même constat :


Source : http://www.publications-agora.fr

On remarque qu’après chaque récession, les small sont les plus promptes à rebondir ... rebond qui ne cesse de s’amplifier au fil des années.

Aux US, les constats sont identiques. Si l’on remonte jusqu’au krach de 1929, la croissance d’une petite société ainsi que sa performance boursière restent supérieures à une big.

Source: MSCIBARRA, Standard and Poor’s Index Services Group, Center for Research in Securities, Fama/French Study on Cross Section of Stock Returns 1992, Moody, Aldrich & Sullivan study on Small Cap Value 2002.

Le graphique ci-dessus montre qu’entre 1927 et 2005, les small-caps américaines ont affiché un rendement annuel moyen de plus de 14%, tandis que les big-caps se sont appréciées de 11.5 % sur la même période.

- Leur dynamisme et leur croissance au-dessus de la moyenne:

Les small-caps sont fréquemment dans des phases de développement fort qui leur permettent d’enregistrer une croissance de leur chiffre d’affaires plus soutenue. Cela peut se traduire par des valorisations boursières qui peuvent dépasser toutes les attentes des investisseurs. Ainsi, entre 2003 et 2007, certaines small-caps ont vu leur cours multipliés par 3 voire par 5, le genre de performance difficilement envisageable sur une valeur du CAC 40 par exemple, ou éligible au SRD.

- Leur réactivité :

Les impacts de news ont une influence sur les small-caps beaucoup plus forte que sur les big. Il ne se passe quasiment pas une journée sans qu’une valeur ne gagne plus de 10 ou 15%. Sur le CAC40, c’est plutôt rare … et quand ça arrive, ça fait généralement la une de la rubrique bourse de BFMTV! Des hausses de plus de 30% dans la même journée, c’est assez fréquent, ça arrive généralement plusieurs fois par semaine.

- La compréhension de leur métier :

J’ai toujours trouvé qu’il était souvent plus facile de comprendre leur cœur de métier et donc, de se forger une opinion sur un dossier. Les petites valeurs sont en général centrées sur une activité ou sur une gamme de produits spécifiques.

- L’aspect spéculatif :

De par leur petite taille, les small-caps sont plus facilement OPAbles. Il est quand même plus facile d’avaler une société dont la capitalisation atteint seulement 100 Millions d’euros, que de se lancer dans une grosse acquisition. Une petite société se digère en effet plus facilement qu’une méga-acquisition. Les primes offertes lors d’une OPA y sont souvent plus généreuses. Il n’est pas rare de voir des primes dépassant les 50, voire 100%, par rapport au dernier cours coté … ! L’OPA de Groupe Open sur Sylis lancée, en juillet 2008, à un cours de 4.25 € (pour un dernier cours à 2.25 €) en est un bon exemple. L’offre a même été relevée par la suite à 4.6 € ce qui représentait une prime de plus de 100% par rapport au dernier cours !

Le graphique ci-dessous met en évidence que, durant ces dernières années, le nombre d’OPA sur les small-caps a été plus important que sur les big-caps.

- Leur adaptabilité :

De par leur petite taille, les small s’adaptent plus vite. Une petite société sera plus prompte à lancer un nouveau produit ou pour restructurer son organisation. Pour une grosse société, ce processus sera beaucoup plus lent.

- Une insensibilité aux variations monétaires :

Les small-caps françaises, de par leurs activités majoritairement européennes, sont insensibles aux fluctuations du dollar. C’est un avantage non négligeable en ces temps d’agitation monétaire. Que le dollar baisse ou monte, une société comme LVL Médical dont l’activité est uniquement localisée en Europe, n’en aura rien à faire!

Leur accessibilité :

Les dirigeants sont plus accessibles d’une façon générale, notamment lors des Assemblées Générales. J’en ai même déjà lu certains s’exprimer sur des forums boursiers réservés aux particuliers. On ne verra jamais un gros gérant de hedge fund se livrer à un niveau local de la sorte.